Transparence salariale premier projet de loi
- Par forzinetti-nadine
- Le 16/03/2026
- Dans Formation
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Le ministère du Travail a présenté aux partenaires sociaux une première version du futur projet de loi visant à transposer la directive européenne sur la transparence salariale.
Ce texte présente les mesures qui concernent les entreprises et salariés du secteur privé, avec notamment le nouveau dispositif de déclaration qui remplacera l’Index de l’égalité et le droit à l’information des salariés sur leur niveau de rémunération.
Nous suivrons l'évolution de ce projet; mais nous vous livrons, dès aujourd'hui un tableau de synthèse pour se familiariser avec vos futures obligations.
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Obligation |
Ce que l’entreprise devra faire concrètement |
Entreprises concernées |
Échéance / fréquence |
Documents ou actions à prévoir |
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Nouveau dispositif de transparence des rémunérations |
Déclarer 7 indicateurs sur les écarts de rémunération femmes-hommes (remplaçant l’Index égalité) |
≥ 50 salariés |
Déclaration annuelle |
Collecte de données salariales et transmission au ministère du Travail |
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Publication des indicateurs |
Transmettre les indicateurs au ministère ; possibilité de les publier sur le site de l’entreprise |
≥ 50 salariés |
Annuelle |
Communication interne / externe des indicateurs |
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7e indicateur : écart de rémunération par catégorie de salariés |
Calculer l’écart salarial moyen entre femmes et hommes pour des postes de valeur égale |
≥ 50 salariés |
Tous les 3 ans (50–249 salariés) / tous les ans (≥250 salariés) |
Méthodologie de calcul et analyse des écarts |
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Négociation ou plan d’action si écart (50–99 salariés) |
Engager la négociation obligatoire sur l’égalité professionnelle si l’écart dépasse le seuil (≈5 %) |
50 à <100 salariés |
Dès constat d’écart |
Accord collectif ou plan d’action unilatéral |
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Justification ou correction des écarts (≥100 salariés) |
Répondre aux demandes d’explication du salarié, du CSE ou des syndicats |
≥100 salariés |
Sur demande |
Analyse des écarts et justification objective |
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Mesures correctrices en cas d’écart important (≥100 salariés) |
Mettre en place des mesures de correction salariale |
≥100 salariés |
Sous 6 mois après déclaration |
Accord collectif ou décision unilatérale + consultation CSE |
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Analyse approfondie si l’écart persiste |
Réaliser une évaluation des causes de l’écart et mettre en place des mesures supplémentaires |
≥100 salariés |
Après nouvelle déclaration si écart non justifié |
Étude interne + plan d’action |
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Droit d’information du salarié |
Répondre aux demandes d’information du salarié sur : |
Tous salariés |
Sur demande |
Procédure interne de réponse aux demandes |
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Information annuelle des salariés |
Informer chaque année les salariés de leur droit à demander ces informations |
Toutes entreprises |
Annuelle |
Communication RH (note interne, intranet…) |
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Définition du travail de valeur égale |
Intégrer dans l’évaluation des emplois : compétences techniques, non techniques et conditions de travail |
Toutes entreprises |
Permanent |
Révision éventuelle des grilles d’évaluation |
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Catégorisation des emplois comparables |
Définir des catégories de salariés réalisant un travail de valeur égale |
Toutes entreprises |
Avant mise en œuvre du droit à l’information |
Accord d’entreprise / branche ou décision unilatérale après consultation du CSE |
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Transparence sur les critères de rémunération |
Mettre à disposition les critères de classification, promotion et évaluation |
Toutes entreprises |
Permanent |
Documentation accessible aux salariés |
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Offres d’emploi transparentes |
Mentionner une fourchette de rémunération et les règles conventionnelles dans les offres d’emploi |
Tous employeurs |
Dès la publication de l’offre |
Modèles d’offres d’emploi à adapter |
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Recrutement |
Ne plus demander aux candidats leur historique de rémunération |
Tous employeurs |
Permanent |
Adaptation des pratiques de recrutement |
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Confidentialité salariale |
Supprimer les clauses interdisant aux salariés de divulguer leur salaire |
Tous employeurs |
Permanent |
Mise à jour des contrats de travail |
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Protection des données |
Éviter la communication d’informations permettant d’identifier la rémunération d’un salarié |
Toutes entreprises |
Lors des demandes d’information |
Procédure de gestion des données |
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Charge de la preuve en cas de discrimination |
Justifier toute différence de rémunération par des critères objectifs |
Toutes entreprises |
En cas de litige |
Traçabilité des décisions salariales |
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Renversement de la charge de la preuve |
Si les obligations de transparence ne sont pas respectées, l’employeur devra prouver l’absence de discrimination |
Toutes entreprises |
En cas de contentieux |
Respect strict des obligations déclaratives |
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Sanctions financières |
Risque d’une pénalité pouvant aller jusqu’à 1 % de la masse salariale |
≥50 salariés |
En cas de manquement |
Contrôle de conformité interne |
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Entrée en vigueur |
Mise en œuvre progressive des obligations |
Toutes entreprises |
Au plus tard 1 an après la loi |
Plan d’adaptation RH |
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Exception pour petites entreprises |
Déclaration du 7e indicateur repoussée |
Entreprises <150 salariés |
Au plus tard 1er juin 2030 |
Adaptation progressive |
Les 4 grands changements à anticiper pour les RH :
- Un système déclaratif plus détaillé que l’Index égalité actuel.
- Une transparence salariale accrue pour les salariés et les candidats.
- Une obligation de correction des écarts de rémunération plus encadrée.
- Un risque juridique accru (charge de la preuve renforcée).
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